Juin 2000 – Région parisienne

Je suis dans mon bureau lorsque mon regard se pose sur ma bibliothèque, plus précisément sur un roman intitulé Les mystères dévoilés de Godfré Ray King. Je n’avais aucune envie de lire à ce moment-là, mais ma main semblait guidée par une force invisible, s’emparant du livre.  Sans hésiter, j’ouvre une page au hasard. Ce que je lis me frappe : c’est l’histoire d’un homme qui, face à une panthère noire agressive, parvient à transformer cette bête féroce en un animal doux et apaisé. Une petite voix intérieure me murmure : « Tu seras confrontée à une situation quasi identique ». Aie ! Qu’est-ce qui m’attendait ?

Le lendemain, j’en parle à mon amie Sylvine, sans savoir qu’elle serait présente le jour de cette aventure. La semaine suivante, je l’invite à boire un café. Il est 22 h 00 quand soudain, une envie irrésistible me pousse à aller me promener dans une forêt que je connais bien. Quelle idée !  Vers 23 h 00, après avoir marché un bon moment, nous décidons de faire une pause et nous asseyons sur un banc : se référer au thème « O.V.N.I », page * Passage d’une comète *. En regardant l’allée principale qui mène à la sortie, une vision me saisit : une ombre noire, semblable à un animal. Sa silhouette évoque celle d’un sanglier, mais je sais au fond de moi que ce n’en est pas un. Impossible de distinguer précisément à quelle race il appartient. Une forte angoisse m’envahit, et une petite voix intérieure me souffle : « Partez, partez ».  Il ne me faut pas plus de deux secondes pour prévenir mon amie. Sans plus attendre, nous nous levons et fuyons. Mais pour rejoindre la voiture, il nous faut traverser l’allée d’environ 300 m bordée d’arbres, un chemin peu rassurant à cette heure. Nous ne sommes pas fières et décidons finalement de quitter ce lieu au plus vite. Nous accélérons notre pas, jusqu’à ce qu’une lumière mouvante attire notre attention au loin. Elle vacille dans tous les sens, nous laissant hésitantes. Que faire ? Se cacher entre les arbres ? non, car nous risquions de tomber sur des sangliers, la forêt en est infectée. En nous rapprochant, c’était, en fait, un jeune couple qui s’amusait avec une lampe de poche.  Soudain, surgit de nulle part, un Rottweiler courait droit vers nous, prêt à attaquer. « Au secours, on est foutu ! » me dis-je intérieurement puis, je rajoute « Non, je ne suis pas venue sur terre pour me faire dévorer par un chien ». Les propriétaires appelèrent leur chien avec autorité, insensible à leurs appels. Rien n’y fait. Il semble obsédé par notre présence.

Sylvine qui marchait devant moi, ignorait que je venais de stopper mon pas derrière elle et lorsqu’elle sentit le chien à vingt centimètres d’elle, elle s’arrêta elle aussi. Immobile, je regardais fixement le comportement du chien, incapable de bouger. Tranquillement, il s’approcha de mon amie, effleura sa main, puis se plaça au niveau de ses fesses, la gueule entrouverte, prêt à mordre. Imaginez ma peur. Sylvine, elle, ne voyait rien tandis que j’observais la scène. Soudain, une pensée claire s’imposa à moi. Je lui ordonnai fermement de s’arrêter. À ma grande surprise, il s’exécuta ! Ouf. Le chien se retourna alors vers moi. Maintenant, c’était à mon tour d’être face à lui. La peur grandit en moi, mais je devais vite trouver une solution pour éviter un drame. C’est alors que me revint en mémoire un passage du livre que j’avais lu la semaine passée. Voici l’extrait : « Imaginez ma surprise lorsque, à environ quinze mètres, je vis qu’une panthère se dirigeait doucement vers moi. » Mes cheveux durent se dresser sur ma tête, je voulus courir, crier, faire n’importe quoi, tant le sentiment de peur qui m’habitait était terrible. Mais bouger n’aurait servi à rien : un seul bond de la panthère m’eût été fatal. J’avais la tête qui tournait tellement j’avais peur. Pourtant, une idée se présenta clairement à moi et retint toute mon attention. Je pris conscience que la Présence de l’Être Suprême était en moi et que tout était Amour. Ce magnifique animal faisait également partie de la Vie de Dieu. Je me mis à le regarder droit dans les yeux. Me vint alors la pensée qu’une partie de Dieu ne pouvait pas nuire à une autre partie de Dieu. Je n’étais conscient que de cela. Sa démarche menaçante cessa. Je m’avançai lentement vers elle, ressentant l’amour de Dieu qui nous inondait tous les deux. La lueur maléfique de ses yeux s’évanouit, l’animal se redressa et s’approcha doucement de moi en frottant son épaule contre ma jambe. Je me baissai et lui caressai la tête. Elle me regarda un instant dans les yeux, puis s’allongea en roulant dans l’herbe comme un petit chat.

La peur m’envahissait, et pour la première fois de ma vie, je me suis entourée d’une bulle de lumière protectrice, si intense que je n’entendais plus aucun bruit. Je me suis adressée au Rottweiler, d’esprit à esprit : « Tu es lumière, tout comme nous, tu n’as rien à craindre, tu ne peux pas nous attaquer, nous ne te voulons aucun mal ».  Comme hypnotisé, voire paralysé, il me regarda, semblant avoir capté mon message et ne savait plus comment réagir. À cet instant, j’ai su qu’il avait vraiment reçu mon message télépathique et étonnamment, je sentais qu’il avait peur de moi. Ce qui me frappait le plus, c’est que cette bulle de lumière que j’avais créée était infranchissable pour lui. Il la contourna lentement, incapable de la traverser, comme s’il la ressentait. Il poursuivit sa route, progressivement, et nous aussi, sans jamais nous retourner. Au même moment, le jeune couple un peu éméchés arrivèrent à notre hauteur en nous saluant. Ils étaient accompagnés d’un berger allemand, pas très rassurant lui non plus.

C’est ainsi que nous avons pu atteindre la voiture et rentrer sans incident.


Gabriela d’Asti