1996 – Cannes
Je me trouvais sur la terrasse d’un restaurant marocain avec des amis, lorsqu’une petite voix intérieure me souffla clairement : « Téléphone très vite à untel ». A l’époque nous ne connaissions pas les téléphones portable mais par chance, une cabine téléphonique se trouvait juste devant moi. Sans hésiter, je quittai la table précipitamment et l’appelai. Elle décrocha avec une voix. D’un ton ferme, je lui demandai ce qu’elle faisait. Elle m’avoua qu’elle était ivre et qu’elle s’apprêtait à prendre des médicaments, car elle n’en pouvait plus de vivre.
Peu de temps auparavant, un trouble bipolaire lui avait été diagnostiqué. Dès son enfance, elle souffrait déjà de tendances suicidaires. (Les troubles bipolaires, autrefois appelés psychose maniaco-dépressive, se caractérisent par de fortes variations de l’humeur. Les phases dépressives peuvent être particulièrement éprouvantes et, dans certains cas, s’accompagner d’un risque suicidaire important) .
Je ne mâchai pas mes mots. Je lui ordonnai de poser immédiatement les médicaments qu’elle tenait entre ses mains. Elle m’écouta. Elle m’avait toujours accordé sa confiance, suffisamment pour entendre mes paroles même dans ses moments les plus sombres.
Au cours des vingt années qui suivirent, je dus intervenir à quatre reprises dans des situations similaires. Puis, elle était devenue mère, elle avait trouvé une raison de s’accrocher à la vie.
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