Mai 1999 – Région parisienne
À peine rentrée du Québec, je fus hébergée chez un couple, le temps de me trouver un logement. Elle, je la connaissais depuis de nombreuses années, lui, beaucoup moins. Je sentais que les choses n’étaient pas claires entre eux, mais cela ne me regardait pas. Il semblait sous son emprise, et elle le maltraitait psychologiquement. Leur relation n’était pas saine, et j’avais déjà ma petite idée à ce sujet. Quelques jours plus tard, mon intuition se confirma.
Le week-end arriva. Mon amie décida d’aller passer quelques jours chez son cousin. Ne souhaitant pas rester seule avec lui, je tentai d’appeler une amie pour passer la soirée en sa compagnie. Après plusieurs appels restés sans réponse, je n’eus d’autre choix que de rester sur place. Il me proposa alors d’aller boire un café chez son beau-frère. En sortant de chez lui, nos regards furent soudain attirés par une énorme boule rouge qui traversait lentement le ciel, juste au-dessus de nous. Lui était stupéfait par ce qu’il voyait. Moi, pas vraiment, ayant déjà été témoin de ce genre de phénomène à plusieurs reprises.
Le lendemain soir, j’appelai une autre amie pour passer la soirée avec elle. Comme la veille, aucune réponse. Vers 22 heures, il me proposa alors une balade au bord d’un lac entouré de forêt. Je connaissais bien l’endroit : mes parents étaient amis avec les propriétaires et nous y allions parfois pour pêcher. Aujourd’hui, le site appartient à la commune et est devenu un lieu de promenade. Partir en pleine nuit, au cœur d’un bois bordant l’étang, peuplé de sangliers, ne m’enchantait guère. Et pourtant, une étrange excitation m’envahissait, comme si quelque chose m’y attendait. Arrivés sur place, nous tombâmes sur un groupe de jeunes visiblement sous l’emprise de l’alcool ou de drogues. L’atmosphère fût peu rassurante. Nous préférâmes rebrousser chemin et nous éloigner un peu plus loin, vers une zone plus calme.
Nous marchions depuis des heures autour de l’étang, enveloppés par le silence profond de la nuit, quand soudain, une étrange créature apparut entre les arbres. Ses yeux brillaient d’un vert fluorescent, perçant, presque surnaturel. Elle avançait dans notre direction avant de s’arrêter net. Son regard fixe et glacial nous cloua sur place. Ce que je ressentais à cet instant ne présageait rien de bon. Mon ami, chasseur expérimenté, affirma aussitôt que ce n’était ni un sanglier ni les yeux d’un quelconque animal. Alors qu’il s’apprêtait à s’en approcher, un pressentiment violent me saisit. Dans un souffle paniqué, je le suppliai de ne pas faire un pas de plus et de reculer. Il m’écouta sans discuter. Malgré la peur, nous décidâmes de poursuivre notre marche.
Il était trois heures du matin. Épuisés, nous nous assîmes sur un banc, de l’autre côté de l’étang, exactement en face de l’endroit où la mystérieuse créature s’était manifestée. À peine dix minutes plus tard, des hurlements d’animaux retentirent précisément à cet endroit. Leurs cris déchirèrent le silence nocturne. Ils semblaient porteurs d’une terreur. Le vacarme résonnait à des centaines de mètres à la ronde, digne d’un film d’horreur. Ces hurlements stridents durèrent une à deux minutes avant de s’éteindre aussi soudainement qu’ils avaient surgi. Nous restâmes figés, choqués, à nous demander ce que nous venions d’entendre. Et pourtant, malgré cette atmosphère, la conversation reprit. Peu à peu, nos échanges devinrent profonds, intimes. Nous découvrions avec surprise de nombreux points communs. Quelque chose, cette nuit-là, nous reliait profondément. Je lui parlai alors des bijoux que je portais, attirant son attention sur une bague en particulier. Elle ressemble à une alliance, lui dis-je. À cet instant précis, la bague se brisa en deux. Irrésistiblement, je levai la tête vers le ciel, exactement dans la direction d’où provenaient les cris. Et là, au cœur de l’obscurité, quelque chose d’extraordinaire se produisit. Une forme immense apparut au-dessus des arbres : une comète d’un jaune éclatant, majestueuse. Elle mesurait environ trois cents mètres de long pour une cinquantaine de mètres de haut. Silencieuse, elle glissait au-dessus des arbres, de la droite vers la gauche, puis, arrivée au bout de sa trajectoire, elle se désagrégea lentement. Rien ne ressemblait à un phénomène naturel. Un spectacle hypnotique, d’une intensité bouleversante. Chaque seconde de son passage semblait sacrée. Aucun mot ne pourrait décrire la beauté ni la grandeur de cette vision. Nous étions sidérés. Les yeux grands ouverts, incapables de parler, figés sur ce banc, suspendus hors du temps. Il n’y avait plus que cette lumière, cette présence et nous. Puis, dans le silence absolu, j’entendis une voix en moi un message énigmatique : « Union céleste. Vénusiens. » J’ignorais alors qu’il marquerait un tournant dans ma vie. Je n’en comprendrais la portée que vingt-deux ans plus tard.
Nous parlâmes jusqu’aux premières lueurs de l’aube, puis nous rentrâmes boire un café avant de revenir admirer le lever du soleil. Sur le chemin du retour, mon ami me fit une remarque étrange : le contour de mes yeux et de mes lèvres était légèrement violacé. Le phénomène disparut quelques jours plus tard. Un amour doux et réciproque venait de naître. Comme si cette nuit avait été le berceau d’un lien bien plus profond. Quelques heures plus tard, il traversa ce qui ressemblait à un éveil soudain. Des souvenirs enfouis refirent surface : situations troublantes, paroles déstabilisantes, malaises répétés au fil des années. Il comprenait qu’il était sous l’emprise d’une magie noire exercée par sa conjointe. Tout prenait une cohérence implacable. Je confirma. Notre union ne dura que neuf jours, puis vint ce que l’on appelle la nuit noire de l’âme « La nuit noire de l’âme est un abîme sans fond dans lequel on s’enfonce inexorablement. Toute joie de vivre s’éteint. Ce n’est ni une simple déprime, ni une dépression. C’est autre chose. Une mutation intérieure ».
Dans une parfaite synchronicité , un logement se présenta à moi quelques jours plus tard.
Novembre de la même année, je pars en Dordogne rejoindre des amis récemment installés là-bas. Leur jeune voisin, adolescent passionné par les extraterrestres, apprit mon intérêt pour le sujet et insista pour me rencontrer. Le jour venu, il m’apporta un livre. Je l’ouvris au hasard. Mon regard fut immédiatement attiré par une image : une comète. Mais pas n’importe laquelle. Elle portait un nom. « 26 avril ». Une comète portant une date de naissance ? Curieux. La personne qui avait vécu l’expérience de la comète est née un 26 avril.
L’année suivante, un autre événement me bouleversa. Anne Givaudan, auteure reconnue dans le domaine de la spiritualité et du voyage astral, donnait une conférence à propos de son livre intitulé « Alliance ». Le thème : « Les Vénusiens sont parmi nous ». Intriguée, je décidai d’y assister. Ce fut un choc. Sur la couverture du livre figurait l’illustration d’une comète. La copie conforme de celle que j’avais vue dans la forêt. Je reculais d’un pas sous l’effet de la stupeur « Alliance, Vénusiens, Comète. Cela faisait beaucoup pour n’être qu’une coïncidence.
Comme si l’univers refusait de clore le chapitre, trois ans plus tard, je repartis au Québec et vécus une expérience étrangement similaire. L’homme que je venais de rencontrer portait le même prénom que celui lié à la comète. Même taille. Même couleur de cheveux. Les mêmes yeux bleus. Les lieux, les circonstances, les prénoms de leur entourage… tout semblait se rejouer avec une précision troublante. Ce n’était plus une simple coïncidence. Une répétition presque initiatique, comme si la vie me plaçait face au même miroir pour vérifier si j’avais compris la leçon. Un cycle qui revenait frapper à ma porte. Un écho karmique inévitable.
Vingt ans plus tard, presque jour pour jour, nos chemins se croisèrent à nouveau, dans une autre région.
Deux ans après, j’en compris enfin le sens.
La suite est racontée dans mon livre.

