1986 – Cannes la Bocca

En rentrant des courses, je m’installe sur le canapé pour souffler un peu. Mon regard est attiré par la télévision. Pourtant, elle est éteinte. Et malgré cela, j’y vois apparaître des images comme une sorte de film en noir et blanc qui se déroulait derrière l’écran.

Intriguée, je me lève pour regarder de plus près. Les images sont toujours là. Des femmes en robes longues tournent en ronde, dansant dans une sorte de rituel. Je retourne m’asseoir. La scène continue, parfaitement nette. Impossible, la télévision est cependant hors tension.

Je décide de débrancher la prise. Mais rien ne change. Les images continuent.

Je retourne sur le canapé. Et là, une nouvelle scène apparaît : un visage d’homme envahit tout l’écran. Il porte des lunettes et me fixe longuement, sans aucune expression. Son regard me transperce. Puis, encore une autre scène : un cercle de personnes, un groupe, semble tirer quelque chose ou quelqu’un du sol vers le haut, comme si elles aidaient une âme à s’élever. Et soudain, tout disparaît.

Mais ce n’était pas fini.

Quelques minutes plus tard, mes jambes commencent à enfler. Elles doublent de volume. Elles brûlent. Je peine à marcher. Je prends une douche fraîche pour me soulager, mais rien n’y fait. Puis, en ouvrant doucement le placard, une boîte de médicaments tombe toute seule, sans que je touche à quoi que ce soit. Curieuse, je regarde l’étiquette : c’est un traitement contre les œdèmes. Je comprends que ce n’est pas un hasard. Je prends le médicament, et peu de temps après, mes jambes commencent à dégonfler.

Je ne peux pas l’affirmer avec certitude, mais je pense avoir assisté, d’une certaine manière, à un passage vers l’au-delà.


Gabriela d’Asti