1997 – Québec
J’ai 12 ans, je suis dans la cour de l’école, et comme souvent, un camarade m’embête. Cette fois-là, c’en est trop. Je me mets à courir après lui, bien décidée à lui donner une bonne leçon. Mais au lieu de l’attraper, je fonce de plein fouet dans un pilier. Je m’écrase le genou, et la douleur est instantanée, fulgurante. Impossible de me relever pendant un bon moment.
Les jours suivants sont compliqués : impossible de toucher mon genou, même le frottement du tissu du pantalon est insupportable. Je suis obligée de le retrousser pour monter les escaliers. Curieusement, je pouvais plier le genou sans douleur, mais au moindre contact, c’était l’enfer. J’avais un tendon de cassé.
Le médecin m’envoie faire des séances de kiné. Cela m’aide un peu, mais pas suffisamment. Les électrodes me laissent même des brûlures sur la peau, cicatrices que je porte encore aujourd’hui. Cinquante ans plus tard, mon genou reste une zone sensible. Un simple appui peut encore réveiller la douleur.
Mais un jour de 1997, alors que je suis au Québec, assise confortablement sur une chaise, la jambe posée sur un bureau, je regarde mon genou et me dis, presque comme une idée lancée en l’air : « Et si j’anesthésiais mon genou ? »
Je le fixe du regard avec cette intention. En quelques secondes, je ressens une chaleur étrange qui l’entoure, comme un champ énergétique. Deux ou trois minutes passent. Je décide alors de le toucher d’abord doucement, car j’ai peur d’avoir mal. Mais à ma grande surprise, aucune sensation. Rien. Je commence à appuyer plus fort, puis de plus en plus fort : toujours aucune douleur. Mon genou était comme anesthésié.
Cet état a duré plusieurs heures avant de s’estomper. Depuis, la douleur n’a jamais complètement disparu, mais elle est partie à 90 %.

