1998 – Paris

Je suis chez une amie. Nous parlons de Sathya Sai Baba, ce gourou indien adulé par des millions, mais que j’ai toujours considéré comme un charlatan. Oui, déjà à l’époque, je doutais profondément de ses soi-disant miracles.

Mon amie, elle, y croyait dur comme fer. Elle me racontait qu’il pouvait faire apparaître des diamants, des voitures, des objets sortis de nulle part. Je l’écoutais, sans cacher mon scepticisme. « Bien sûr, je vais y croire », pensais-je ironiquement.

Elle voulait tenter une expérience, voir s’il pouvait « se manifester ». Je la préviens : s’il se manifeste, ce ne sera peut-être pas lui, mais une entité usurpatrice. Qu’importe, elle insiste. Alors, j’ai une idée.

Je prends une photo de Sai Baba, l’amène aux toilettes, la jette dedans et tire la chasse. Je vérifie : la photo est bien partie par les canalisations. L’affaire est classée.

Mais quinze minutes plus tard, je vais aux toilettes et là, la photo flotte au-dessus de l’eau. Parfaitement intacte.

Mon amie est choquée. Moi aussi, je reste figée. Et pourtant, ce n’est pas fini.

Nouvelle idée. Je remplis l’évier d’eau, et j’y plonge la photo. On quitte la pièce. Trois minutes plus tard, je reviens : l’eau s’est complètement évaporée et la photo est sèche.

Je la prends, la dépose sur un meuble du salon. On verra bien ce qu’il se passe. Nous continuons notre conversation et après 30 minutes, je me retourne vers le meuble. La photo avait disparu.

Qu’est-ce que c’était ? Une manipulation d’un monde invisible qui se joue de nous ? Tout cela ne m’a pas convaincue du bien-fondé de ce maître spirituel. Bien au contraire : pour moi, c’était encore une preuve que certaines forces invisibles jouent à nous tromper, pour entretenir la confusion entre foi, illusion et contrôle.


Gabriela d’Asti