Septembre 1999 – Normandie

J’étais en vacances chez mon amie Annick, profitant des derniers instants avant mon retour sur Paris. La veille de mon départ, je me relaxais sur le canapé, lorsque le chat de mon amie est entré dans la pièce. Il s’est dirigé tout droit vers moi, s’est assis juste en face et m’a regardée intensément. Il ne miaulait pas, ne bougeait pas. Je ressentais clairement qu’il tentait de me transmettre un message. Par une forme de télépathie animale, j’ai compris : je vais mourir, puis, il est ressorti. J’ai immédiatement prévenu mon amie. Sa réaction a été sans détours :

Arrête tes conneries !

Je lui ai simplement répondu qu’elle ferait mieux de s’y préparer.

Le lendemain matin, alors que je terminais mes préparatifs, en passant devant la porte d’entrée et aperçois le chat couché sous ma voiture. Une heure plus tard, je le vois toujours au même endroit, exactement dans la même position. Cela me paraissait étrange : il est environ 11 h, et il aurait dû se déplacer depuis le matin. Je m’accroupis pour mieux voir. En le touchant, je sens aussitôt qu’il est raide. Je le tire doucement. Il était bien mort. Juste à côté de la voiture se trouvait une cagette pour légumes, avec un torchon à l’intérieur. Je l’ai déposé dedans avec soin, l’enveloppant dans le tissu. Mon amie, bouleversée, n’en revenait pas.

Nous l’avons enterré au fond du jardin, près du champ voisin. Là-bas, au loin, des chevaux paissaient paisiblement. Étrangement, au moment de la mise en terre, ils se sont rapprochés lentement de la clôture, comme s’ils ressentaient ce qui se passait. Ils sont restés là, silencieux, observateurs.

Et, dès que tout fut terminé, ils sont repartis calmement vers leur pâture.


Gabriela d’Asti