1976 – Collet d’Allevard

Je suis en classe de neige, une aventure attendue avec enthousiasme, pourtant écourtée par une forte fièvre de 39 °C. Clouée au lit, je n’ai pu profiter pleinement du séjour.

Pendant que mes camarades participaient à un cours de l’ESF en vue de décrocher la troisième étoile, je restais isolée à l’infirmerie. Pour obtenir ce niveau, il fallait déjà avoir validé la deuxième étoile : savoir enchaîner les virages, franchir une ligne de pente, maîtriser les dérapages arrondis, autant d’épreuves que je n’étais évidemment pas en état de passer. Le corps souffrant, l’esprit ailleurs.

Un matin, un moniteur entre dans ma chambre et me félicite. Selon lui, j’ai réussi l’épreuve la veille. Je pense d’abord à une erreur. Je lui explique, plusieurs fois, que cela est impossible, je n’ai jamais quitté le lit depuis plusieurs jours. Mais il insiste, sûr de lui, comme s’il m’avait réellement vue sur les pistes. Inébranlable. Autant parler à un mur. Rien n’y faisait. Alors, je me suis tue.

Il m’a remis ma médaille des 3 étoiles, que je garde encore précieusement aujourd’hui.


Gabriela d’Asti