1971 – Paris

J’avais environ six ans lorsque, en jouant dans le jardin de mes parents, je trouve un minuscule chaton. Il devait avoir à peine deux jours. Je l’ai pris dans mes bras et l’ai ramené à la maison. Mes parents et moi l’avons nourri au biberon, choyé, adopté. C’était une femelle au pelage tricolore, ce que l’on appelle un « chat isabelle ».

Un peu sauvage, elle ne se laissait approcher par personne, sauf par moi. Elle se souvenait, j’en suis certaine, de notre première rencontre. Elle était très indépendante, traînait un peu partout, mais revenait toujours. Avant qu’on ne la fasse stériliser, elle nous ramenait régulièrement ses portées. Nous avions même gardé un de ses petits, qui est malheureusement décédé, renversé par une voiture, plusieurs années plus tard.

Un jour, alors qu’elle était sur le point de mettre bas, j’avais invité mes petits camarades d’école pour assister à la naissance. Je lui avais donné mon landau de poupée pour qu’elle y soit installée confortablement.

Alors que le travail commençait, je comprenais instinctivement par son regard qu’elle me demandait de l’aide. La voyant en difficulté, sans hésiter, je me suis approchée et tout naturellement, je l’ai aidée à mettre au monde ses petits.


Gabriela d’Asti