Mai 1999 – Paris

je rejoignais une personne connue dans le milieu ésotérique, dont je tairai le nom. Je l’avais rencontrée quelques semaines auparavant, et bien qu’un sentiment étrange, presque inquiétant m’envahisse, et malgré cela, j’acceptai de la revoir.

Le rendez-vous eut lieu dans un bar parisien. Dès que nos regards se croisèrent à nouveau, cette sensation bizarre était toujours là, comme si rien n’avait changé. Nous parlions de tout et de rien, en apparence. Mais sous les mots, il y avait autre chose. Une profondeur trouble, un non-dit palpable. Puis, à un moment précis, sa voix se fit plus grave, plus posée, comme si le temps s’était légèrement suspendu « Tu n’es pas prête à connaître la vérité sur ce monde. »

Je ne la compris pas vraiment sur l’instant. Je ne la rejetai pas non plus. J’aurais voulu lui demander ce qu’elle signifiait réellement, mais aucun mot ne vint. Le silence s’imposa, comme si quelque chose en moi savait qu’il n’était pas encore le temps de savoir.

Nos retrouvailles durèrent environ une heure en apparence ordinaire, et pourtant chargée d’une densité étrange, presque irréelle. Le temps semblait être au ralenti, comme si quelque chose travaillait en silence. C’est au moment de me lever de ma chaise pour partir qu’une chose étrange et subtile se produisit. J’eus l’impression qu’une peau de serpent se détachait de moi, lentement, et silencieusement comme si une enveloppe ancienne était devenue inutile. Je la vis par mon troisième œil, repliée là où je venais d’être assise.

En astrologie chinoise, je suis serpent mais quand même. Cette association me traversa l’esprit, presque avec ironie. Ce n’était pas une image mentale. C’était une sensation de mue. Une mutation. Je repartis sans explication possible. Cette transformation ne demandait pas à être comprise sur le moment, seulement l’intégrée.

C’est en 2006, lors d’un séjour à Londres, que tout commença à prendre sens, à la suite d’une vision liée aux reptiliens. Je compris alors que ce que j’avais vécu avec cette femme n’était pas une rencontre anodine. Était-elle elle-même une reptilienne ? Cela me semble possible, non comme une certitude absolue, mais à la lumière de mon propre parcours, j’ai pu croiser des êtres dont je ne percevais la nature réelle qu’après-coup.

Le reste du chemin ne faisait que commencer.


Gabriela d’Asti