1976 – Collet d’Allevard
J’ai onze ans lorsque je suis pour la première fois en contact avec un extraterrestre. Je ne me souviens pas de tout, mais suffisamment pour en garder les grandes lignes. Une séance d’hypnose m’aiderait à me rappeler certains détails enfouis dans ma mémoire. À cette époque, la saison des classes de neige battait son plein. Ma sœur et moi-même étions excitées de partir au Collet d’Allevard, dans une station de ski nichée dans le département de l’Isère. Nous étions quatre filles par chambre, et l’ambiance était joyeuse, insouciante, comme peuvent l’être les séjours scolaires. Les soirées étaient rythmées par les rires et les bavardages d’adolescentes.
Un soir, vers 22 heures, je me lève soudainement, poussée par une sorte d’élan intérieur, comme si quelque chose m’appelait. En m’approchant de la fenêtre et dans le ciel nocturne, j’aperçois une boule blanche, lumineuse, glissant lentement derrière une montagne. Sur le moment, je n’y prête pas une attention particulière, je pensais que c’était peut-être un éclairage de piste ou une lumière quelconque liée à la station. Ce n’est que dix ans plus tard, en assistant à une conférence sur les phénomènes ufologiques, que j’ai compris. Le conférencier expliquait que les extraterrestres, notamment les Pléiadiens, avaient pour habitude de signaler leur présence par des jeux de lumière, souvent en allumant et en éteignant des sources lumineuses de manière subtile, mais volontaire. Il mentionne aussi l’exemple d’une soucoupe observée à Périgueux, dans des conditions similaires. Étonnamment, quelques années plus tard, dans cette même ville, j’ai vécu une expérience traumatisante en lien avec une soucoupe volante que je vous partagerai plus en détail dans un chapitre. C’est à ce moment-là que j’ai fait le lien : les pistes de ski ne pouvaient pas être éclairées à cette heure-là, et encore moins s’éteindre soudainement. Cette lumière n’avait rien de normal. Était-elle destinée à attirer mon attention ? Ce qui est certain, ce soir-là, c’est que quelque chose m’appelait.
Le lendemain matin, en ouvrant les volets, une autre chose attirait mon attention. Sur le rebord extérieur de la fenêtre, au deuxième étage, je remarque des traces de raquettes. Comment est-ce possible ? L’accès depuis l’extérieur était pratiquement impossible à cette hauteur, surtout sans échelle ni appui. Avec mes camarades de chambre, nous nous précipitons pour en parler à notre professeur ainsi qu’au responsable de l’établissement. Tous deux constatèrent les marques, mais il n’y avait aucune empreinte de pas sur la neige fraîche, ni même le moindre signe de passage d’une échelle. Le mystère était total. Très vite, l’inquiétude s’installa. Ils redoutaient qu’il ait pu s’agir d’une tentative d’intrusion, peut-être même d’un prédateur. Une enquête fut ouverte, mais aucune explication ne sera jamais trouvée. L’affaire resta sans suite.
Quelques jours plus tard, un autre événement venait bousculer mes repères. Nous sommes dehors pour un cours de ski et après avoir enfilé mes chaussures, je me redresse et là, plus personne. Ni camarade, ni moniteur. Comment plusieurs classes pouvaient-elles se volatiliser en quelques secondes sans faire de bruit ? Avais-je basculé de nouveau dans une autre dimension ? Je me sentais seule, vraiment seule. Perplexe et un peu inquiète, je décide de partir à la recherche de ma sœur, skis aux pieds, ce qui, soit dit en passant, n’est pas l’idéal pour une marche. Combien de temps ai-je marché ? Incapable de le dire. Le temps semblait avoir perdu toute consistance avec cette sensation étrange d’être guidée par quelque chose. Finalement, au sommet d’une plaine enneigée, j’aperçois ma sœur, figée devant un homme mesurant plus de 2 m. Son visage était d’une beauté saisissante, voire irréelle. Il était blond aux yeux bleus persans, teint pâle, entièrement vêtu de noir, dans une tenue hybride entre combinaison et soutane. Habillé de noir, il tranchait dans le décor enneigé : impossible de ne pas le remarquer. Il dégageait une étrangeté difficile à définir. J’avais cette étrange sensation de le connaître, comme si quelque chose en lui réveillait un écho lointain enfoui dans ma mémoire. Sa taille impressionnante, son allure droite, rigide et cette manière de se tenir avec une noblesse naturelle dégageaient une prestance hors du commun, comme s’il n’appartenait pas vraiment à ce monde. Je n’avais ni peur, ni angoisse, aucun danger ne semblait émaner de lui. Au contraire, une paix étrange, comme si j’étais en présence d’un protecteur venu d’ailleurs. Il m’intriguait.
En m’approchant, mon regard se posa sur ma sœur. Elle se tient là, immobile, les yeux grands ouverts, comme hypnotisée. Elle ne parle pas, ne me voit même pas. Inquiète, je la secoue doucement, puis de plus en plus fort, mais aucune réaction, elle ne réagit pas. En me retournant vers lui et en le fixant dans les yeux, je lui dis d’une voix ferme : « Laissez ma sœur tranquille. » Il me fixa en retour, ses yeux plongeant dans les miens presque apaisants. Et là, sans qu’il dise un mot, sa voix résonne dans ma tête, comme une évidence télépathique : « Ne t’inquiète pas, je ne suis pas venu te faire de mal. » Sans un mot, il s’éloigna d’un pas lent, dans un mouvement mécanique et robotique, sans jamais se retourner. Mon regard se posa sur un détail qui me glaça d’effroi. À ses pieds, il portait des raquettes, ressemblant à celles que nous avions découvertes, quelques jours plus tôt, sur le rebord de notre fenêtre de chambre. Puis, soudainement, il disparaît, comme volatilisé dans les airs. Le plus étrange, c’est qu’aucune trace de pas ou de raquettes ne demeurait sur la neige. Je n’ai aucun doute : il s’est servi de ma sœur comme intermédiaire pour m’attirer à lui.
Ma sœur, elle, reprenait doucement ses esprits, comme si rien ne s’était passé. Elle ne se souvenait de rien de ce moment et aujourd’hui, elle ne garde que quelques bribes de souvenirs. Était-ce une rencontre du troisième type ? Sans aucun doute. Mais que me voulait-il vraiment ? Cela, je l’ignore encore, mais une chose que je ne peux pas nier, c’est qu’un don de télépathie et de clairvoyance se développait en moi. Je comprenais que nous n’étions pas seuls dans l’univers et que quelque chose de plus grand, de plus profond existait, mais quelque chose de plus sombre aussi.
Je vous partagerai dans un autre chapitre mes conclusions sur ce que je pense de l’origine de ces êtres venus d’ailleurs.
Une série d’événements étranges et troublants est venue ternir ces vacances de neige.
– Un soir, après le dîner, alors que nous remontions dans nos chambres, je remarque que ma sœur ne nous avait pas suivies. J’attendais un peu, pensant qu’elle discutait avec des copines, mais après une demi-heure sans nouvelle, l’inquiétude me poussa à partir à sa recherche. J’inspectai quelques pièces du centre jusqu’à ce que je la trouve dans la salle de classe, en train d’écrire des punitions, en compagnie de notre professeur. Punie ? Il n’y avait aucune raison à cela, j’étais choquée, surtout à cette heure tardive. Je me souviens avec précision, sans la moindre hésitation, de l’avoir saisie par son pull pour la sortir de la pièce. Aucune protestation de la part de notre professeur. Il pouvait dire, faire ce qu’il voulait, je m’en fichais. Trente ans plus tard, j’apprenais que ce professeur avait été accusé d’attouchements sexuels sur des enfants. Ce fut un électrochoc. Avais-je protégé ma sœur ce soir-là ?
– Je me retrouve à l’infirmerie pour une grippe. Il m’a fallu insister à plusieurs reprises pour enfin obtenir mes médicaments. Dans ce contexte d’abandon, je me suis naturellement tournée vers un petit garçon, lui aussi malade. Sans réfléchir, je me suis mise à prendre soin de lui, portée par un élan instinctif de compassion et de protection. À ce moment, mes camarades suivirent un cours appelé « ESF » afin d’obtenir la troisième étoile. Clouée au lit avec de la fièvre, je n’ai pas pu participer aux épreuves. Et pourtant, un moniteur est venu me voir pour me féliciter. Selon lui, j’avais obtenu mes trois étoiles. Surprise, je lui expliquais que c’était impossible, que j’étais malade et alitée. Mais il insistait, sûr de lui. Il affirmait m’avoir vue sur les pistes, il en était certain. Autant parler à un mur, il n’en démordait pas. Alors, j’ai fini par me taire. Il m’a remis ma médaille, je l’ai gardée depuis ce jour.
· En faisant l’imbécile dans la neige, je me fais une entorse sévère au genou. L’infirmière pensait que je mentais pour ne pas skier. Je me souviens encore de son physique. Grande, brune, visage fermé et froid. Cette douleur s’est ajoutée à ce sentiment profond d’être incompris.
– Au réfectoire, une jeune femme blonde s’occupait de nous servir les repas. Elle était douce, gentille et toujours souriante avec les enfants. Un midi pourtant, quelque chose était différent. La femme qui nous servait semblait triste, les yeux rougis, comme si elle retenait ses larmes. Mes camarades pensaient qu’elle avait simplement eu une mauvaise journée, mais en l’observant attentivement, je me suis rendu compte que ce n’était pas la même personne. Elle lui ressemblait, certes, mais ce n’était pas elle. Peut-être sa sœur jumelle. Étant moi-même jumelle, je sais reconnaître les différences subtiles que les autres ne voient pas. Quand j’ai partagé mon ressenti, certains se sont moqués, riant comme si j’inventais une histoire. Mais je ne plaisantais pas. Plus tard, on nous a dit que l’aide-cantinière habituelle avait été remplacée temporairement par sa sœur jumelle, car elle était malade. Mais au fond de moi, je savais que ce n’était pas la vraie raison. C’est seulement dans le car, en rentrant chez nous, que notre professeur nous a confié la terrible vérité : la jeune femme avait été violée et assassinée.
Une enquête a été ouverte.

