1976 – Région parisienne

Après le décès de ma tante, mon oncle dut subir une intervention chirurgicale pour trois ulcères à l’estomac. L’opération était lourde et ne se déroula pas comme prévu. Le jour de l’intervention, comme chaque soir, mon père se rendit à la clinique pour lui rendre visite. C’est alors que le chirurgien lui annonça que son état était critique : mon oncle avait fait une hémorragie interne, la plaie s’était rouverte et son pronostic vital était engagé. Une nouvelle opération devait être réalisée en urgence.

En rentrant à la maison, j’entendis mon père raconter les faits à ma mère. J’étais dans ma chambre, silencieuse, et personne ne sut jamais que j’avais tout entendu. Ce soir-là, je me surpris à m’agenouiller, les doigts croisés, comme une religieuse, et je me mis à prier. Était-ce le souvenir d’une autre époque, d’une autre croyance enfouie en moi ? Au-dessus de mon lit était accroché un bénitier en porcelaine en forme d’ange, offert par la mère de mon oncle, une italienne profondément pieuse. En regardant cet ange, je prononçai ces mots : « Je ne sais pas s’il y a quelque chose dans le ciel, mais je voudrais que mon oncle guérisse ». Mes parents étaient totalement athées et, dans cet environnement, je n’avais jamais été amenée à envisager qu’un Dieu ou qu’une Source pouvait exister.

Le lendemain de la ré-opération, le chirurgien convoqua mon père et lui annonça que mon oncle était sauvé. Selon lui, quelque chose d’inexplicable s’était produit : il n’avait jamais été témoin d’une guérison aussi rapide, surtout chez un patient qui se trouvait la veille aux portes de la mort.


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