1985 – Région parisienne
J’ai vingt ans. Une femme âgée arrive dans mon cabinet, s’appuyant lourdement sur une canne. Elle marche lentement, visiblement en grande difficulté. Ses gestes sont douloureux, son souffle un peu court. Malgré tout, elle garde une belle dignité.
Après lui avoir donné quelques précisions sur son devenir, je lui demande si elle accepterait que je pose mes mains sur ses jambes, pour la magnétiser. Elle accepte, sereine. Je reste concentrée quelques minutes. Pas de mots, juste le silence et l’énergie qui circule. Elle semble apaisée.
Soudain, un klaxon retentit à l’extérieur. Fort, brutal. Elle sursaute. « Oh, c’est peut-être ma voiture qui gêne », dit-elle. Sans réfléchir, elle se lève brusquement et court jusqu’à la fenêtre.
Oui, elle court.
Elle revient s’asseoir calmement et me dit : « Non, tout va bien, ce n’était pas pour moi. » Je la regarde, un peu troublée, et lui demande doucement : « Avez-vous remarqué ce que vous venez de faire ? »
Elle n’a même pas réalisé qu’elle avait marché, seule, sans douleur.
Elle est repartie, guérie, sans le soutien de sa canne.
Je ne l’ai plus jamais revue, et j’ignore ce qu’il est advenu ensuite. Sûrement a-t-elle repris sa vie, simplement, en oubliant ce moment ?

