1986 – Cannes
Je conduisais ma petite voiture en direction de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, avec mon amie Sophie à mes côtés. Je parlais avec elle, concentrée sur notre conversation, quand tout à coup, boom, sans m’en rendre compte, j’avais percuté la voiture devant moi de plein fouet. Le bruit de tôle froissée était si fort que j’étais persuadée que les deux véhicules étaient gravement endommagés.
Sophie avait fait un bond vers le pare-brise, et heureusement, j’ai eu le réflexe de la retenir d’un geste de bras. Mon cœur battait à tout rompre. Je me suis tout de suite dit que c’en était fini de ma petite LNA : un tel choc ne pouvait qu’être fatal à une voiture aussi légère.
Le couple à bord du véhicule percuté est sorti, l’air hagard. Et là, surprise totale : aucune trace de l’impact. Pas de bosses, pas de rayures, pas le moindre morceau de plastique ou de métal sur le sol. Comme si rien ne s’était passé.
Sans un mot, le couple nous a regardées, visiblement apeuré, puis est remonté dans sa voiture et est reparti. Ils nous ont laissées là, au bord de la route, encore sous le choc, sans explication.

